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Peut-on avoir un site sans cookies et sans bandeau ?

Réponse courte : oui. Un site peut fonctionner sans déposer le moindre cookie, et dans ce cas le bandeau de consentement n'a plus de raison d'être. Ce n'est pas une astuce juridique, c'est une conséquence technique : le bandeau existe pour recueillir un accord, et il n'y a rien à faire accorder quand rien n'est déposé.

Ce qui déclenche l'obligation

La règle belge tient en une idée. L'article 129 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques, qui transpose l'article 5.3 de la directive 2002/58/CE, soumet à consentement toute écriture et toute lecture d'information sur l'appareil d'un visiteur. Le mot « cookie » n'y figure même pas comme critère : un identifiant rangé en stockage local, un pixel de suivi ou une empreinte de navigateur relèvent du même article, et le Comité européen de la protection des données l'a confirmé dans ses lignes directrices 2/2023 sur la portée technique de ce texte.

Une seule exception compte ici : le stockage strictement nécessaire à la fourniture du service que le visiteur a lui-même demandé. Le panier d'une boutique, le jeton de session d'un espace client ou la mémoire d'un choix de langue fait par l'utilisateur entrent dans cette exception. La mesure d'audience, la publicité et le reciblage n'y entrent pas. Autrement dit, le bandeau n'est pas obligatoire par principe : il le devient dès que le site dépose autre chose que le strict nécessaire. Un site qui ne dépose rien du tout n'a rien à demander.

Ce que fait ce site, et comment le vérifier vous-même

Cette page est servie par le site que vous lisez en ce moment. Tout ce qui suit se contrôle en deux minutes, sans nous croire sur parole.

  • Les polices de caractères sont hébergées chez nous, en fichiers .woff2 servis depuis notre propre domaine. Aucun appel à Google Fonts, qui transmettrait l'adresse IP du visiteur à un tiers.
  • Aucun script tiers : ni mesure d'audience, ni pixel publicitaire, ni bouton de réseau social, ni outil de test.
  • Aucune vidéo ni carte intégrée. Ce sont les deux sources de cookies tiers les plus fréquentes sur les sites de commerces.
  • Aucun cookie déposé par le site, aucun stockage local, aucun stockage de session. Le choix de la langue ne passe pas par une mémoire déposée sur votre appareil : le français et le néerlandais sont deux pages distinctes, chacune à son adresse.
  • Le formulaire de démonstration envoie vos données à un service que nous exploitons nous-mêmes chez notre hébergeur, sans cookie et sans compte à créer. Votre adresse IP sert uniquement à freiner les envois automatiques, elle n'est pas conservée avec votre message.

Pour le vérifier : ouvrez les outils de développement de votre navigateur (touche F12), onglet Réseau, puis rechargez la page. La colonne du domaine ne doit afficher que le nôtre. Passez ensuite à l'onglet Application dans Chrome, ou Stockage dans Firefox : les rubriques Cookies, Stockage local et Stockage de session sont vides, à une réserve près : notre hébergeur peut y déposer un cookie technique de protection contre les robots, sans lecture de votre navigation et sans finalité publicitaire, ce qui relève du strictement nécessaire. Faites la même chose sur n'importe quel site de commerce, et comparez.

La limite, et elle est réelle

Sans bandeau, on renonce à des choses. Pas de Google Analytics, donc pas de parcours visiteur individuel, pas de taux de conversion par source, pas de reciblage publicitaire et pas de test A/B. Il ne reste que des données agrégées : les requêtes, impressions et clics de la Search Console, les statistiques de trafic de l'hébergeur, et le nombre de demandes réellement arrivées par le formulaire ou par téléphone.

Pour un indépendant ou un petit commerce, ces chiffres suffisent à décider : on sait combien de personnes ont demandé une démonstration ce mois-ci, et sur quelles recherches le site apparaît. Pour une régie publicitaire qui pilote un budget quotidien, non, il faut davantage, et donc un bandeau. C'est un arbitrage, pas une supériorité morale. Si vous voulez un jour lancer des campagnes payantes avec suivi de conversion, le bandeau redevient obligatoire, avec un refus aussi facile que l'accord et aucune case précochée.

Il faut aussi savoir ce qui ramène le bandeau : une vidéo YouTube intégrée, une carte Google Maps, un module de conversation, un widget d'avis, un compteur de visites tiers, une police chargée depuis un serveur extérieur. Chacun de ces éléments lit ou écrit quelque chose sur l'appareil du visiteur. Une intégration ajoutée à la légère, six mois après la mise en ligne, suffit à rendre le site non conforme sans que personne ne s'en aperçoive.

Pas de bandeau ne veut pas dire pas d'information

Le RGPD reste entier. Dès qu'un formulaire recueille un nom et une adresse e-mail, il faut dire qui traite ces données, pourquoi, combien de temps elles sont conservées et comment les faire supprimer. C'est le rôle de la politique de confidentialité, qui n'a rien à voir avec le bandeau et reste obligatoire dans tous les cas. La nôtre est en lien au bas de cette page.

Ce que le visiteur y gagne

Une page qui s'ouvre directement, sans écran à écarter avant de lire, et qui se charge plus vite parce qu'elle ne va rien chercher ailleurs. C'est aussi ce que voient les moteurs de recherche et les assistants qui lisent la page. Cette page et l'ensemble de ce site fonctionnent sur ce principe. Sur les sites que nous livrons, la seule chose écrite sur l'appareil du visiteur est le choix de langue qu'il a lui-même fait, ce qui relève de l'exception du strictement nécessaire et ne demande donc pas de bandeau.

Information vérifiée le 4 septembre 2026. Ce texte décrit une pratique, il ne remplace pas un avis juridique.

Sources

  • Loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques (Belgique), article 129
  • Directive 2002/58/CE, vie privée et communications électroniques, article 5.3
  • Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 4.11, 7 et 13
  • Comité européen de la protection des données, lignes directrices 2/2023 sur la portée technique de l'article 5.3 de la directive vie privée et communications électroniques